Entreprendre autrement : «slashing», quête de sens, et économie coopérative

Aujourd’hui, on ne crée plus une entreprise comme on le faisait il y a 20 ans. L’image du dirigeant solitaire à la recherche d’un « gros coup », à la manière d’une « startup », est en perte de vitesse. D’autres formes d’entrepreneuriat émergent, plus souples, plus humaines et plus engagées.

Voici venu le temps des entrepreneurs capables de jongler entre plusieurs casquettes : on les appelle les « slasheurs ». Ils se lancent dans des projets portés par leurs valeurs. Ils s’impliquent dans des initiatives solidaires, ou expérimentent des modèles économiques alternatifs, misant sur la coopération et la durabilité, et non sur la performance pure et dure.

Alors, qu’est-ce qui pousse tant de personnes à se lancer ? Pourquoi parle-t-on autant d’économie sociale, de robustesse ou d’économie de la fonctionnalité ? Et surtout, en quoi cela change-t-il la donne pour les entrepreneurs de demain ? On fait le point.

Slasher, c’est quoi exactement ?

Le slashing est un concept selon lequel une personne ne possède plus « un seul métier » dans sa vie, mais exerce plusieurs professions. Graphiste / formatrice / photographe, développeur / coach / artisan… Beaucoup de personnes cumulent désormais différentes activités professionnelles, souvent avec des statuts variés (freelance, salarié, entrepreneur, etc.).

Pourquoi ? Parce qu’on ne veut plus se contenter d’un seul rôle. Parce qu’on a plusieurs passions. Et aussi, soyons honnêtes, parce que dans un monde incertain, diversifier ses revenus, ça rassure.

Un tremplin vers l’entrepreneuriat

Pour de nombreux slasheurs, cette manière de travailler sert de terrain d’expérimentation :

  • Tester une idée
  • Apprendre à gérer un projet
  • Construire son réseau
  • Se rendre compte de ce qu’on aime (ou pas)

Et parfois, cela donne envie d’aller plus loin et de créer sa propre activité, à sa façon.

Le slashing casse les codes du parcours professionnel classique. Il permet de sortir du « métro-boulot-dodo » pour inventer un rythme et un projet de vie porteur de sens.

Plus qu’un salaire, du concret !

De plus en plus de personnes ne veulent plus « juste un job ». Elles veulent se sentir utiles, réaliser quelque chose qui a du sens, pour contribuer positivement à la société ou à la planète.

Cette quête de sens, c’est souvent ce qui pousse à entreprendre : marre des bullshit jobs, envie de se lever le matin pour un projet qui nous parle vraiment.

L’impact plutôt que le profit à tout prix

Cette nouvelle génération d’entrepreneurs n’ambitionne pas forcément à devenir millionnaire. Elle veut que son projet ait de l’impact. Cela peut être social, environnemental, culturel, mais toujours avec l’idée de faire bouger les lignes.

Cette manière d’entreprendre n’est pas incompatible avec la rentabilité. Au contraire, beaucoup de ces projets sont viables, solides, innovants, et attirent même des investisseurs qui partagent ces valeurs.

Qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire (ESS) ?

L’économie sociale et solidaire (ESS), couvre un ensemble d’organisations – associations, coopératives, mutuelles, entreprises sociales – qui privilégient l’utilité sociale ou environnementale. La recherche du profit est secondaire.

Les entrepreneurs en ESS réinvestissent leurs bénéfices dans leur mission, impliquent souvent les salariés et les bénéficiaires dans les décisions, et proposent des modèles économiques alternatifs.

Un terreau pour entreprendre autrement

Pour beaucoup d’entrepreneurs en quête de sens, l’ESS est un terrain de jeu idéal. On peut y créer une société qui :

  • Respecte ses valeurs
  • Fonctionne en circuit court
  • Intègre les citoyens
  • Propose des services utiles, sans exclure

De plus, l’ESS innove énormément : monnaies locales, tiers-lieux, agriculture urbaine, inclusion numérique, recyclerie, etc. C’est un véritable laboratoire d’avenir.

La robustesse : tenir dans la durée

Pendant longtemps, on a mesuré la réussite d’une entreprise à sa croissance. À présent, dans un monde en crise (climat, énergie, inflation, etc.), la question n’est plus « combien tu vends ? », mais « combien de temps tu tiens ? » ou « à quel point ton modèle est-il résilient ? ».

La robustesse, c’est la capacité à durer, à encaisser les chocs, à fonctionner même dans l’incertitude. Cela implique des choix : privilégier la qualité à la quantité, travailler en local, mutualiser, être sobre plutôt que rapide.

L’économie de la fonctionnalité : vendre un usage, pas un produit

Un autre changement fort, c’est le passage d’une économie de la possession à une économie de l’usage. Concrètement, on ne vend plus un objet, mais un service ou une solution.

Par exemple : au lieu de vendre une machine, on propose un abonnement qui inclut son usage, son entretien, sa réparation… Résultat ? Moins d’objets jetés, plus de valeur sur le long terme, et une vraie fidélisation du client.

Ce modèle incite à fabriquer mieux, à accompagner davantage, et à penser globalement plutôt qu’à court terme.

Coopération : faire ensemble plutôt que chacun pour soi

La dernière brique de ce nouveau modèle, c’est la coopération. On passe d’une logique où chaque entreprise essaie d’écraser les autres, à une logique où on construit ensemble, on partage, on s’entraide.

Ça se voit dans les réseaux de tiers-lieux, dans les coopératives, dans les collectifs d’indépendants, dans les projets de territoire. On apprend à travailler à plusieurs, à prendre des décisions à plusieurs, à créer de la valeur ensemble.

Et ce n’est pas juste « joli sur le papier » : la coopération rend plus fort. Elle permet d’aller plus loin, plus vite, et souvent de manière plus durable.

Et maintenant ?

Au XXIe siècle, entreprendre, ce n’est plus seulement créer une entreprise. C’est souvent un acte engagé, un choix de vie, un moyen d’avoir un impact.

Le « slashing » nous libère des cases toutes faites. La quête de sens nous pousse à agir autrement.

L’ESS nous montre qu’on peut être utile tout en étant viable. Et les nouveaux modèles – robustesse, économie de la fonctionnalité, coopération – nous offrent des outils concrets pour construire des projets solides, humains et durables.

Nous nous trouvons peut-être à un tournant : celui où entreprendre ne veut plus dire « faire plus », mais « faire mieux ». Et surtout, faire ensemble.

Envie de vous lancer ? Vous n’avez pas besoin d’avoir tout prévu ni d’avoir levé des millions. Parfois, il suffit d’une idée, d’une envie, et d’un entourage qui vous soutient. Le reste se construit en chemin.

Et si on réinventait le travail, ensemble ?

Venez nous parler de votre idée, de votre projet !

Nous sommes une Association inscrite dans l’ESS, et plusieurs d’entre nous sont des « Slasheurs ». Et comme tous ces sujets nous parlent particulièrement, nous nous sommes formés dans les domaines de l’Economie de la Fonctionnalité et de la Coopération (EFC) et également de la Robustesse.

C’est fort·es de ces expérience qu’il nous tient à cœur de mettre toutes nos compétences au service de votre idée, quel que soit son format et quel que soit son niveau d’avancement : Idéation / En phase de création / En phase de développement

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